Sommeil : 32 essais contrôlés passés au crible par des chercheurs taïwanais

Sommeil : 32 essais contrôlés passés au crible par des chercheurs taïwanais

Difficulté à décrocher après une longue journée, temps d’endormissement qui s’allonge, sommeil fragmenté ou réveil avec l’impression de ne pas avoir réellement récupéré : la qualité du sommeil dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels notre capacité à faire redescendre progressivement le niveau d’activation du corps avant de nous coucher.

En 2018, une équipe de chercheurs de Taïwan a réalisé une importante revue scientifique consacrée aux effets de l’acupression sur la qualité du sommeil.

L’étude a été conduite par Alexander Waits, You-Ren Tang, Hao-Min Cheng, Chen-Jei Tai et Li-Yin Chien, affiliés notamment à la National Yang-Ming University, au Taipei Medical University Hospital et au Taipei Veterans General Hospital.

Pour obtenir une vision aussi complète que possible de la recherche existante, les scientifiques ont interrogé 15 bases de données scientifiques différentes : 10 anglophones et 5 chinoises.

Après sélection et évaluation méthodologique, ils ont retenu 32 essais contrôlés randomisés, considérés comme de qualité modérée à élevée.

Les études utilisaient différentes méthodes pour mesurer le sommeil : questionnaires d’auto-évaluation, actigraphie et, dans certains cas, polysomnographie.

Pour leur analyse principale, les chercheurs se sont concentrés sur le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI), l’un des questionnaires les plus utilisés au monde pour évaluer la qualité du sommeil.

Cette analyse regroupait 968 adultes provenant de 13 essais différents.

Dans l’ensemble, les résultats étaient en faveur de l’acupression par rapport aux traitements standards ou aux interventions placebo utilisées comme comparaison.

Les chercheurs ont notamment observé des résultats encourageants concernant la qualité globale du sommeil, ainsi que certains paramètres tels que le temps nécessaire pour s’endormir et la durée du sommeil.

L’intérêt de cette recherche vient surtout de son ampleur : il ne s’agit pas du résultat isolé d’une petite expérience, mais d’une revue de 32 essais contrôlés randomisés provenant de différentes populations et utilisant plusieurs méthodes d'évaluation du sommeil.

Les auteurs restent néanmoins prudents. Les protocoles variaient entre les études et il est particulièrement difficile, dans les recherches sur l’acupression, d’empêcher totalement les participants de savoir s’ils reçoivent réellement l’intervention.

Cette étude ne signifie donc pas qu’un tapis d’acupression « fait dormir » ou qu’il remplace une prise en charge d’un trouble du sommeil.

Elle permet en revanche de comprendre pourquoi l’acupression est aujourd’hui étudiée comme une approche complémentaire susceptible de favoriser la relaxation et de contribuer à de meilleures conditions d’endormissement.

Pour LAMBRE, c’est précisément là que le concept de rituel du soir prend tout son sens : quelques minutes dédiées à ralentir, relâcher progressivement les tensions de la journée et préparer le corps au repos.

Étude : Acupressure Effect on Sleep Quality: A Systematic Review and Meta-Analysis
Chercheur principal : Alexander Waits
Pays : Taïwan
Études examinées : 32 essais contrôlés randomisés
Analyse PSQI principale : 968 adultes issus de 13 essais
Publication : Sleep Medicine Reviews, février 2018
DOI : 10.1016/j.smrv.2016.12.004